Zen attitude

Zen attitude
Un post spécial Claire, parce que même si elle est loin, elle l'est pas tant que ça et qu'on l'aime et qu'on est là, toujours.

un pour tous et tous pour une

Et un gros câlin en prime :)

<3

# Posté le samedi 02 août 2008 13:20

La vie

# Posté le lundi 28 juillet 2008 04:30

Dimanche

C'est ridicule, j'ai un coup de soleil sur le nez xD

Oui, car hier, je suis donc allée en Normandie... (5h de route ! uh ! 6h30 -> 23h30) avec des jeunes allemands et des papis français (programme de réconciliation) & mum, dad et Maryse. On est d'abord allé dans un cimetière de guerre allemand. Les jeunes ont déposé une gerbe, ils étaient très sérieux et la mine grave, presque triste, ce qui m'a beaucoup touchée, de toutes façons j'étais déjà touchée, puisqu'autour de moi, devant, derrière, des plaques avec des noms; 22 000, énorme, dans un jardin accueillant, avec l'ombre ronde des arbres (des chênes ?), derrière, pas loin, le flot continuel de l'autoroute, la pierre, le bois, la mort et la vie, c'était très émouvant. Ensuite on est allés au cap Hoc, qui ressemble au cap gris nez (ou blanc ?) du côté de Calais, troué par les bombes, des cicatrices à ciel ouvert, c'est un territoire américain. On a mangé et puis on est allés à Omaha Beach, la plage la plus meurtrière du débarquement. L'eau était bonne, le sable tiède, le soleil chaud, c'est difficile d'imaginer des fusillades. Ensuite on est allés au cimetière américain, gardé par des américains (fouille minutieuse des sacs, vigiles en flics pas très souriants). Ca m'a passablement énervé, toute cette mégalomanie si typique et si décalée par rapport aux pertes humaines. Enfin... une bonne journée quand même, même si le retour a paru long...

la pointe du Hoc
Dimanche

# Posté le lundi 28 juillet 2008 04:19

Modifié le jeudi 31 juillet 2008 03:44

Azul sidéral

En réponse à un Appel à texte sur la nuit (mais j'ai eu une autre idée hier soir!!)

Influences : la troisième partie du Lotissement du ciel (la Tour Eiffel sidérale) de Blaise Cendrars, ainsi que, mais pas tant que ça en fin de compte, dans Le Petit Prince (ça peut y faire penser), à Alice au Pays des Merveilles (pour les parenthèses) et à notre voyage en Mongolie

Voilà donc, en espérant que ce ne soit pas un mélange trop indigeste, Azul sidéral ou Vers Azul, comme vous préférez (azul ça veut dire bleu en espagnol)




La route était infernale, trous, nid-de-poule, cailloux, broussailles de toutes sortes, cahots, dérapages, heurts : impossible de prendre de la vitesse ; le moteur chauffait dangereusement et je n'avais presque plus d'essence. Je voulais pourtant atteindre la vallée Azul avant demain matin, mais il semblait que la nuit en voulût autrement. Les montagnes m'entouraient, imposant à l'horizon une ceinture d'une noirceur plus épaisse encore que celle du ciel, qui, impassible et brillant, courbé et couronné, laissait voir en souriant la carte routière la plus ancienne que je connaisse. J'arrêtai l'auto dans un passage à gué, afin que la machine profite de la fraîcheur relative du mince cours d'eau. J'ouvris la portière et restai assis pendant un bon moment, les yeux fermés, le front sur le volant, écoutant le discret écoulement sous mes roues. La chaleur m'assommai.


Lorsque j'ouvris de nouveau les paupières, il faisait toujours nuit mais je me rendis compte que j'avais laissé les phares allumés et qu'une foule de papillons de nuit en profitait bien en voletant partout et n'importe comment. Je dus marmonner une expression de lassitude envers moi-même en même temps que je farfouillai sur le siège passager pour trouver de quoi boire. Sans grand espoir, j'enclenchai le contact plusieurs fois de suite mais le moteur refusa de démarrer. Azul attendra. Je sortis du véhicule.


Ah, les étoiles. Les constellations, les roches brûlant dans l'atmosphère, la lune –absente ou géante, blanche, rouge ; ces milles scintillements comme des pierres précieuses, vraies, multicolores, simples, belles, flottantes, des îles de lumières, de gaz, de science, de poésie, de littérature, vertes, rouges, jaunes ou bleues, transparentes et opaques, à portée humaine, inaccessibles. Et le chant de la nuit, celui des bombes et de la terre qui jaillit en geyser, celui des grillons et des loups paresseux, celui de la fête au loin, des lumières artificielles ; mais quand tout s'éteint, petit à petit, insensiblement, si bien qu'on ne réalise que trop tard, il ne reste plus que la nuit oppressante, grouillante, floue, voûte sans arceaux ni piliers ; et de très loin revient un écrasement du c½ur, du ventre, une crainte incontrôlable, la peur ancestrale que le soleil ne se lève plus.


Le cola que j'avais bu perdait progressivement de son effet : le sommeil me gagnait de nouveau bien que je me débattis pour le contrer. J'étais parti marcher un peu (les paupières fermées, parfois) avec la lampe de poche et quand je revins à la voiture... tout était comme avant, la portière avant ouverte sur le noir tout autour. La poussière retombait (une odeur âcre, persistante), d'ailleurs, la carrosserie en était entièrement recouverte (autant que mes cheveux). Je n'avais rien d'autre à faire, je me mis donc à laver le pare prise avec l'eau du courant avant de m'installer de nouveau au volant. J'avais largement passé la moitié de la nuit, il devait rester quelques heures avant le lever du jour. Il était temps de faire une nouvelle tentative, d'avaler quelques kilomètres avant d'être ébloui au matin car je roulai vers l'est. Le capricieux moteur accepta miraculeusement de se mettre à crachoter après quelques essais. Je rallumai les phares et enclenchai tant bien que mal la première vitesse.


Quelques kilomètres. Des gerboises passaient devant mes phares, affolées, j'essayai de les éviter , rarement je les percutai, j'avais soif et j'aurais bien voulu demander confirmation de mon chemin à quelqu'un parce que j'avais le sentiment d'avoir perdu la route. Je ralentis pour dessiner un cercle dans la plaine, cependant, où que je porte mon regard, je ne trouvai pas la piste. Un voyant s'alluma sur mon tableau de bord, l'essence. J'avais encore un jerricane mais je doutais qu'il puisse me permette d'atteindre Azul en une seule fois. Je m'arrêtai de nouveau, abattu, il devait être aux alentours de quatre heures et demie, j'étais toujours dans le cirage, à moitié endormi, à moitié songeur, je pensai à ce que j'avais quitté et pourquoi je l'avais fait, et je ne m'en voulais pas (il était trop tard pour reculer) mais j'étais quand même pressé de rentrer parce que j'avais beaucoup d'affaires en cours à l'autre bout du monde.


L'absence de la lune ce soir là fit dériver mes pensées sur la conquête spatiale, sur cet énorme terrain de jeu hostile et si peu connu, sans limites (enfin, pour les hommes, il reste quand même la limite technique...). De loin, c'est un joli ballet au dessus de nos têtes, mais une fois dans l'océan vide, c'est l'ennui qui vous tue, ou alors ce sont les rayons du soleil ou d'autres choses invisibles qui vous transpercent sans s'en rendre compte. J'aurais bien aimé avoir mon chat près de moi car j'avais besoin de compagnie, mais je pense qu'il aurait préféré aller se dégourdir les pattes sur cette effroyable étendue, des déserts qu'on envie ou qu'on exècre, ça dépend si on est dedans, mal en point ou à la lisière à prendre des photos. J'ouvris mon carnet et inscrivai certaines de mes impressions, l'heure de la panne également, j'avais peur que, le lendemain, tous mes souvenirs se mélangent et s'enfuient sans rien laisser qu'une trace vite effacée, ce sentiment troublant de n'être plus sûr d'avoir vécu tel ou tel évènement. Voilà où j'en suis, à seulement soixante kilomètres d'Azul, mais c'est trop loin pour cette nuit, je vais rester ici à barboter avec des mots qui sont jolis ou ne le sont pas, avec ma bouteille de cola et mon cahier de notes.


Déjà (enfin... !) je peux voir à ma droite la nuit se dissiper, comme si de rien n'était, en passant d'un bleu opaque, noir, à une éclaircie très légère, le bleu marine des uniformes du 14 juillet. Est-ce vraiment le jour qui se lève ou la fatigue me fait cligner trop souvent des yeux ? J'allais donc vers le nord, j'avais bien fait de m'arrêter, mais j'aurais du en profiter pour me reposer davantage. A l'ouest la nuit s'obstine à résister (elle va perdre...), lâchant peu à peu, à contrec½ur, avec un gémissement étouffé, ses étoiles les moins brillantes. Je grignote un bout de fromage que j'avais acheté avant de partir, remplis le réservoir de ce qui me restait d'essence et redémarre en mettant l'autoradio en marche. C'est toujours plus entraînant avec un peu de musique. Et puis je peux chanter.


Azul sidéral
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# Posté le lundi 28 juillet 2008 04:17

Scout's dream

Lowa Mukki et moi avons passé l'après midi à réaliser le rêve de tout scout ^^ La preuve en images :

# Posté le samedi 26 juillet 2008 12:50